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La machine infernale. par Godescalc
Dans un coin des jardins de Gwardia, à l'occasion de la fête des Rois, les enfants s'étaient rassemblés autour d'un conteur, qui, à la lueur dansante du feu, allait introduire son récit. Tous les gamins étaient attentifs et excités et les fillettes serrées les unes contre les autres, car tous savaient que le conteur allait leur raconter une sombre histoire...
« On raconte que dans une région reculée de Subirion, loin, loin derrière les montagnes du Nord vivait un vieillard aux airs impétueux et malveillant. Un savant sorcier qui su malmener le fer et l'acier pour donner naissance à d'abjectes formes de vie d'un ordre nouveau... Reclus et banni par l'ordre de Gwo pour ses travaux, il trouvât refuge dans cette vallée sombre où il pouvait en toute légitimité exécuter son ?uvre. Ce n'est pas pour rien que cette zone est restée vide sur nos cartes. Aucun explorateur envoyé là -bas, au delà des montagnes n'en est jamais revenu. Personne n'a su ne serait-ce que baliser cette Sombre vallée dont l'accès a depuis été colmaté pour éviter tout danger... Car dans sa folie, le semeur de mal a donné vie à une créature si grande et si puissante, tellement emplie de sa haine, qu'on dit qu'au terme de sa création et dans sa colère infernale, la bête eût raison de lui.
Enfermée dans cette vallée, la créature continue d'écumer la plaine et de ruiner sa faune et sa flore, loin des innocents gens de Gwo... Mais pourtant, parfois, elle s'échappe de sa prison de roches et gravis une montagne pour entrer dans la vallée de Gwo et dévorer quelques jeunes enfants ou voyageurs imprudents... Toutefois, tout autour de son existence n'est pour les gens de Gwardia qu'obscurantisme et contes fallacieux. Aucun de ces esprits obtus ne peut envisager la réalité d'un tel animal. Pourtant tous redoutent d'envoyer une nouvelle expédition dans cette vallée...
La bête est farouche et grande, très grande. Bien plus grande qu'un cheval ou même deux. Ses yeux crachent les flammes et lorsqu'elle se déplace, elle provoque un grondement de tonnerre. Sa gueule est énorme et ornée de dents d'aciers, des mâchoires si puissantes qu'elles vous broieraient un b?uf en un coup ! Les épines de son dos rejettent une effroyable fumée noire, comme si l'enfer brûlait en son sein. Elle ne laisse dans son sillage que destruction et cendres et lorsque dans cette vallée vous entendez son grondement infernal et les craquements des arbres qu'elle déracine sur son passage, il est déjà trop tard. Car sa force n'a d'égale que sa rapidité et s'il est vrai qu'il lui est impossible de vous attraper par surprise car trop bruyante, elle n'est jamais épuisée et ne souffre d'aucune fatigue. Oh vous pouvez courir, mais tôt ou tard, la bête vous prendra. Quand vous aurez soif, quand vous ressentirez la douleur dans vos muscles, quand l'épuisement vous fera trébucher, elle arrivera et vous happera comme on arrache un vulgaire brin d'herbe. Et vous seriez bien arrogant que de prétendre pouvoir lui infliger blessure, car sa peau est plus dure que la roche et aucune épée, aucune flèche, aucune lance d'aucune armée ne peut la percer. Les projectiles glissent sur sa carapace et sa détermination à répandre la destruction est inébranlable... »
Alors que la plupart des enfants restaient figés de peur, certains, tremblant et jetant des regards fuyant pour vérifier qu'un monstre n'approchait pas dans l'ombre, l'un des jeunes garçons leva brusquement la main. Et l'air indomptable, il s'enquit de poser une question sans que le conteur l'y ait invité.
« Mais, monsieur, comment tout cela pourrait-il être vrai ? Je veux dire, cette créature, ce n'est que des bobards, comment peut-on savoir tout ça si aucun explorateur n'est revenu de la vallée et si son créateur a été dévoré ? »
L'homme encapuchonné ne répondit pas. Il regarda l'assemblée et sourit, d'un sourire froid, malsain. On pouvait alors voir qu'il avait de vieilles dents et une grande marque sur le visage, comme une énorme cicatrice.
« Très bonne question mon jeune enfant... »
« On raconte que dans une région reculée de Subirion, loin, loin derrière les montagnes du Nord vivait un vieillard aux airs impétueux et malveillant. Un savant sorcier qui su malmener le fer et l'acier pour donner naissance à d'abjectes formes de vie d'un ordre nouveau... Reclus et banni par l'ordre de Gwo pour ses travaux, il trouvât refuge dans cette vallée sombre où il pouvait en toute légitimité exécuter son ?uvre. Ce n'est pas pour rien que cette zone est restée vide sur nos cartes. Aucun explorateur envoyé là -bas, au delà des montagnes n'en est jamais revenu. Personne n'a su ne serait-ce que baliser cette Sombre vallée dont l'accès a depuis été colmaté pour éviter tout danger... Car dans sa folie, le semeur de mal a donné vie à une créature si grande et si puissante, tellement emplie de sa haine, qu'on dit qu'au terme de sa création et dans sa colère infernale, la bête eût raison de lui.
Enfermée dans cette vallée, la créature continue d'écumer la plaine et de ruiner sa faune et sa flore, loin des innocents gens de Gwo... Mais pourtant, parfois, elle s'échappe de sa prison de roches et gravis une montagne pour entrer dans la vallée de Gwo et dévorer quelques jeunes enfants ou voyageurs imprudents... Toutefois, tout autour de son existence n'est pour les gens de Gwardia qu'obscurantisme et contes fallacieux. Aucun de ces esprits obtus ne peut envisager la réalité d'un tel animal. Pourtant tous redoutent d'envoyer une nouvelle expédition dans cette vallée...
La bête est farouche et grande, très grande. Bien plus grande qu'un cheval ou même deux. Ses yeux crachent les flammes et lorsqu'elle se déplace, elle provoque un grondement de tonnerre. Sa gueule est énorme et ornée de dents d'aciers, des mâchoires si puissantes qu'elles vous broieraient un b?uf en un coup ! Les épines de son dos rejettent une effroyable fumée noire, comme si l'enfer brûlait en son sein. Elle ne laisse dans son sillage que destruction et cendres et lorsque dans cette vallée vous entendez son grondement infernal et les craquements des arbres qu'elle déracine sur son passage, il est déjà trop tard. Car sa force n'a d'égale que sa rapidité et s'il est vrai qu'il lui est impossible de vous attraper par surprise car trop bruyante, elle n'est jamais épuisée et ne souffre d'aucune fatigue. Oh vous pouvez courir, mais tôt ou tard, la bête vous prendra. Quand vous aurez soif, quand vous ressentirez la douleur dans vos muscles, quand l'épuisement vous fera trébucher, elle arrivera et vous happera comme on arrache un vulgaire brin d'herbe. Et vous seriez bien arrogant que de prétendre pouvoir lui infliger blessure, car sa peau est plus dure que la roche et aucune épée, aucune flèche, aucune lance d'aucune armée ne peut la percer. Les projectiles glissent sur sa carapace et sa détermination à répandre la destruction est inébranlable... »
Alors que la plupart des enfants restaient figés de peur, certains, tremblant et jetant des regards fuyant pour vérifier qu'un monstre n'approchait pas dans l'ombre, l'un des jeunes garçons leva brusquement la main. Et l'air indomptable, il s'enquit de poser une question sans que le conteur l'y ait invité.
« Mais, monsieur, comment tout cela pourrait-il être vrai ? Je veux dire, cette créature, ce n'est que des bobards, comment peut-on savoir tout ça si aucun explorateur n'est revenu de la vallée et si son créateur a été dévoré ? »
L'homme encapuchonné ne répondit pas. Il regarda l'assemblée et sourit, d'un sourire froid, malsain. On pouvait alors voir qu'il avait de vieilles dents et une grande marque sur le visage, comme une énorme cicatrice.
« Très bonne question mon jeune enfant... »
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