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Une odeur de soufre. par Xenos
La nuit était fraîche et humide. L'obscurité prenait lentement possession des rues de la ville, il n'était pourtant pas tard. L'hiver avait indéniablement imposé son règne à la cité.
La goutte au nez, essayant en vain de la faire remonter dans ses narines en produisant d'indélicats bruits, un garde était planté aux portes du palais royal de la capitale. Grelottant de tout son être, les pièces de métal qui recouvraient l'intégralité de son corps, s'entrechoquant, produisaient un boucan infernal. Grommelant, il maudissait sa misérable vie, en voulait à ses parents ne pas avoir eu les finances nécessaires à son instruction, il pestait contre l'armée dans laquelle il s'était enrôlé en espérant y éprouver un minimum d'excitation, de frisson. Pour les frissons, il était comblé, là ! Jamais il n'avait connu de bataille, jamais il n'avait eu l'occasion de dégainer son épée, jamais il n'avait vu la moindre trace de sang autre que celui qui giclait de son doigt quand il s'était coupé l'autre soir en pelant les patates!
Une odeur inhabituelle lui agressa soudainement les narines. La même odeur que celle que produit une allumette que l'on craque. Abaissant la tête, il recula d'un pas. L'eau dans laquelle il pataugeait était rouge... comme le sang! Il décida d'abandonner son poste, il s'agissait d'un cas de force majeure après tout! Refoulant comme il le pouvait la peur qui était en train de l'envahir, le brave petit soldat se mit à suivre la rigole dans laquelle ruisselait cette eau rouge. Il était néanmoins très excité. Qu'allait-il découvrir au fin fond de la ruelle dans laquelle il s'aventurait? Il hâtait le pas, évoluant dans l'obscurité à la lueur de sa torche, impatient. Il ne fut pas déçu par le spectacle, par l'horreur qui s'offrait maintenant à lui.
D'innombrables morceaux de chair carbonisés étaient éparpillés sur le sol. Une nette odeur de soufre émanait des restes de qui avait dû être un homme. Le garde s'avançait encore, le coeur serré dans la poitrine, la torche en avant. Des ossements craquaient sous ses bottes. Un crâne ou plutôt ce qu'il en restait gisait au milieu de la scène, il semblait en effet en manquait la face. Il en avait trop vu, il s'appuya contre un mur pour y vomir de dégoût avant de s'enfuir pour sonner l'alerte!
La même nuit, de nombreux meurtres similaires furent perpétrés au quatre coin de la cité. Les meilleurs enquêteurs du royaume furent mandatés par le Souverain de ces terres pour découvrir l'auteur de ce massacre. Tandis que les macabres découvertes se succédaient, beaucoup soupçonnait une bête sanguinaire sortie des tréfonds de l'ombre d'être à l'origine de ce bain de sang.
Se sentant investi d'une mission, le garde menait son enquête, de son côté. Animé de sentiments qu'il avait toujours secrètement espérer ressentir, il pensait avoir, enfin, trouvé un sens à sa vie. Il explorait chacune des sombres ruelles de la ville, sans relâche, à la recherche du moindre indice qui pourrait le mettre sur une piste.
Une ombre... il avait cru apercevoir une silhouette. Fruit de son imagination altérée par la fatigue? Il se mit à courir. Pas discret pour un sous et fichtrement empoté dans son armure qui cliquetait à tout va, sa course l'amena dans un cul de sac. A la recherche d'une trappe, d'un quelconque passage secret, il agitait sa torche dans tous les sens.
"Je ne te veux aucun mal, laisse-moi accomplir ma mission...".
Il se retourna brusquement, le glaive en avant. Un homme encapuchonné, le teint livide le fixait de ses yeux rouges. Il tenait un morceau de crâne à la main, ça ne pouvait être que Lui... Tétanisé par ce regard qui le transperçait, qui semblait sondé son âme et son coeur, le garde lâcha son arme. Il était incapable de bouger, incapable même prononcer le moindre mot. Certain que son heure était arrivée, il ferma les yeux et attendit son châtiment, il avait été trop curieux. Un souffle glacial glissa le long de sa nuque puis plus rien. Il était de nouveau seul, au fond de sa ruelle. Une affiche traînait au sol. Un visage y figurait, un meurtrier, un des pires, recherché mort ou vif, en vain, depuis des années...
Les victimes furent ainsi rapidement identifiées. Aucune n'était innocente. Difficile de dire si cet "homme" était un monstre ou un véritable héros mais, même si aucun n'osait l'avouer, les villageois se sentaient rassuré de savoir que quelqu'un veillait sur eux.
Littéralement transformé, le garde avait fini par intégrer le service d'enquête du Roi. Il croyait enfin avoir trouvé un but à sa vie, un sens à son existence. Il était le seul à l'avoir vu. Beaucoup le prenait pour un fou, de courir ainsi après ce qui ne devait être qu'un fantôme né de son imagination.
Et pourtant...
La goutte au nez, essayant en vain de la faire remonter dans ses narines en produisant d'indélicats bruits, un garde était planté aux portes du palais royal de la capitale. Grelottant de tout son être, les pièces de métal qui recouvraient l'intégralité de son corps, s'entrechoquant, produisaient un boucan infernal. Grommelant, il maudissait sa misérable vie, en voulait à ses parents ne pas avoir eu les finances nécessaires à son instruction, il pestait contre l'armée dans laquelle il s'était enrôlé en espérant y éprouver un minimum d'excitation, de frisson. Pour les frissons, il était comblé, là ! Jamais il n'avait connu de bataille, jamais il n'avait eu l'occasion de dégainer son épée, jamais il n'avait vu la moindre trace de sang autre que celui qui giclait de son doigt quand il s'était coupé l'autre soir en pelant les patates!
Une odeur inhabituelle lui agressa soudainement les narines. La même odeur que celle que produit une allumette que l'on craque. Abaissant la tête, il recula d'un pas. L'eau dans laquelle il pataugeait était rouge... comme le sang! Il décida d'abandonner son poste, il s'agissait d'un cas de force majeure après tout! Refoulant comme il le pouvait la peur qui était en train de l'envahir, le brave petit soldat se mit à suivre la rigole dans laquelle ruisselait cette eau rouge. Il était néanmoins très excité. Qu'allait-il découvrir au fin fond de la ruelle dans laquelle il s'aventurait? Il hâtait le pas, évoluant dans l'obscurité à la lueur de sa torche, impatient. Il ne fut pas déçu par le spectacle, par l'horreur qui s'offrait maintenant à lui.
D'innombrables morceaux de chair carbonisés étaient éparpillés sur le sol. Une nette odeur de soufre émanait des restes de qui avait dû être un homme. Le garde s'avançait encore, le coeur serré dans la poitrine, la torche en avant. Des ossements craquaient sous ses bottes. Un crâne ou plutôt ce qu'il en restait gisait au milieu de la scène, il semblait en effet en manquait la face. Il en avait trop vu, il s'appuya contre un mur pour y vomir de dégoût avant de s'enfuir pour sonner l'alerte!
La même nuit, de nombreux meurtres similaires furent perpétrés au quatre coin de la cité. Les meilleurs enquêteurs du royaume furent mandatés par le Souverain de ces terres pour découvrir l'auteur de ce massacre. Tandis que les macabres découvertes se succédaient, beaucoup soupçonnait une bête sanguinaire sortie des tréfonds de l'ombre d'être à l'origine de ce bain de sang.
Se sentant investi d'une mission, le garde menait son enquête, de son côté. Animé de sentiments qu'il avait toujours secrètement espérer ressentir, il pensait avoir, enfin, trouvé un sens à sa vie. Il explorait chacune des sombres ruelles de la ville, sans relâche, à la recherche du moindre indice qui pourrait le mettre sur une piste.
Une ombre... il avait cru apercevoir une silhouette. Fruit de son imagination altérée par la fatigue? Il se mit à courir. Pas discret pour un sous et fichtrement empoté dans son armure qui cliquetait à tout va, sa course l'amena dans un cul de sac. A la recherche d'une trappe, d'un quelconque passage secret, il agitait sa torche dans tous les sens.
"Je ne te veux aucun mal, laisse-moi accomplir ma mission...".
Il se retourna brusquement, le glaive en avant. Un homme encapuchonné, le teint livide le fixait de ses yeux rouges. Il tenait un morceau de crâne à la main, ça ne pouvait être que Lui... Tétanisé par ce regard qui le transperçait, qui semblait sondé son âme et son coeur, le garde lâcha son arme. Il était incapable de bouger, incapable même prononcer le moindre mot. Certain que son heure était arrivée, il ferma les yeux et attendit son châtiment, il avait été trop curieux. Un souffle glacial glissa le long de sa nuque puis plus rien. Il était de nouveau seul, au fond de sa ruelle. Une affiche traînait au sol. Un visage y figurait, un meurtrier, un des pires, recherché mort ou vif, en vain, depuis des années...
Les victimes furent ainsi rapidement identifiées. Aucune n'était innocente. Difficile de dire si cet "homme" était un monstre ou un véritable héros mais, même si aucun n'osait l'avouer, les villageois se sentaient rassuré de savoir que quelqu'un veillait sur eux.
Littéralement transformé, le garde avait fini par intégrer le service d'enquête du Roi. Il croyait enfin avoir trouvé un but à sa vie, un sens à son existence. Il était le seul à l'avoir vu. Beaucoup le prenait pour un fou, de courir ainsi après ce qui ne devait être qu'un fantôme né de son imagination.
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