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Les armures Coteraines. (Partie II) par Godescalc
Godescalc avait passé des heures à les contempler, à les étudier sous toutes leurs coutures. Pas un mot, pas un indice ne lui fut soufflé. Les armures semblaient se rire de lui ainsi prostrées au milieu d'une des salles d'armes de la citadelle, comme une blague de mauvais goût, une main tendue juste hors de sa portée. Inaltérables elles renvoyaient des reflets chatoyants, enivrants, plus brillantes que le Tolak, elles qui avaient été façonnées dans un ancien métal dont le travail et la nature avaient été oubliés depuis longtemps. Cela lui rappelait trop son ignorance désavouée. Comment était-ce possible ? Lui, lui qui savait tant de choses, pourquoi était-il incapable de voir ne serait-ce qu'un infime fragment de ce qui se cache derrière ces deux majestueuses et cruelles armures! Ça le mettait hors de lui!
« Atkôh sar talkïeïm atkôh sar mathkû dar tô »
Incessamment il répétait cette incantation en un long rituel qui durait depuis des lunes déjà , mais rien ne se produisait. « Révèle ce que tu es, révèle ce que tu caches en ton sein » dans la langue des morts. Car au moins il avait compris une chose de cette dangereuse expédition au Laboratoire : ces êtres étaient issu d'une magie très noire et bien qu'il en ignore la nature réelle, il lui paraissait évident qu'il devait s'agir d'une branche peut-être oubliée elle aussi de la nécromancie...
Il s'était toujours refusé à la pratique de la nécromancie, du moins tant qu'il pouvait encore diriger son propre corps. Mais à présent tout cela lui semblait bien futile ! Ça ne l'avait pas empêché de commettre d'atroces meurtres par le passé et il ne pouvait longtemps résister à l'argumentaire de son autre... Sa position avait été détruite par ses propres sentiments, il ne pouvait l'admettre et pourtant il était forcé de le reconnaître, c'était à en devenir fou ! Il se tenait là , debout face à l'apparence servile de ces vulgaires armures qu'il aurait voulu voir ternes et sans intérêt, mais la réalité était tout autre et elle se moquait de lui et il était toujours en proie à ce combat intérieur qui jamais ne semblait pouvoir se terminer !
« Saleté ça ne sert à rien ! Le silence, seulement le silence ! »
Il jeta violemment un bibelot qui traînait sur la première des deux armures qui lui faisait face, il y eut une étincelle à l'impact et l'objet fut renvoyé en sens inverse ! Godescalc fit un geste de la main et le stoppa avant qu'il ne le frappe en pleine figure. Il pesta contre cette maudite armure.
« Tu serais bien aise de pouvoir lui infliger quoi que ce soit Godescalc, mais agit de manière moins irréfléchie la prochaine fois, il serait plaisant que tu évites de nous faire tuer par un nouvel acte de ce genre... »
« Ca suffit ! Toi qui est si« malin », tu dois savoir comment révéler le sort qui se cache derrière la manipulation de ces deux pantins non ? »
« Non aucune idée, mais moi j'ai tué ces deux entités tu sembles l'oublier. »
« Oublier quoi ? En quoi cela te donne-t-il un quelconque droit à l'arrogance ? Montre toi constructif et là peut-être que tu pourras te permettre de faire des remarques ! »
Il n'y eût pas de réponse et c'était autant car Godescalc n'aurait pas supporté de remarque supplémentaire, il se sentait agressif et tendu et il l'était, il lui semblait que plus ça avançait et plus il perdait sa capacité de garder son sang froid... Cela lui semblait presque étrange de se mettre à un tel point en colère à propos de ces armures et il était persuadé que derrière son petit jeu, l'autre n'y était pas étranger. Il ressentait cette anormale montée de fureur en lui, cette frustration insoutenable qui le submergeait et qu'il n'était pas seul à porter, il en était sûr...
Il tomba assis sur le carrelage froid de la salle d'arme, las et se mit à jouer avec une petite flamme dans le creux de sa main... Mais quelque chose de fonctionnait pas. Il n'arrivait pas à produire de flamme. Il tiqua. Se relevant, il jeta ses bras en avant vers les deux armures, lançant :
« Brugma Bohg ! »
A peine une maigre flamme sorti du bout de ses doigts avant d'être soufflée par une force mystique, des cendres retombant sur le sol. Il resta un instant figé, comme frappé par le doute et la peur de la réalité. Pour lui à présent, la révélation était faite... Il venait de mettre la main sur une ancienne horreur sans nom...
« Ce n'est pas possible... La mort habite ces armures... Des âmes innocentes... Qu'ont-ils fait !... »
Mais hors de son contrôle, l'hôte avait déjà prit le pas sur le maître, il y eût un rire malsain et une voix s'éleva de sa propre bouche, une voix qu'il ne contrôlait pas, prononçant ces mots qu'il avait déjà entendu quelques jours plus tôt :
« Être froid, être sans vie... Tristesse du monde... Reviens à moi je te commande... Le mal par le mal... Je t'offre une seconde chance pour qu'à ton tour tu nous pardonnes... »
Trahi et horrifié par ce qu'il venait de dire contre son propre gré, Godescalc fit un pas en arrière, le regard fixe, la respiration courte observant la première statue tourner la tête vers lui dans un grincement sinistre. Il croisa alors son regard froid et sans vie au travers de sa visière.
« Mais qu'as-tu fait ! » hurla-t-il, tordu par une douleur insoutenable survenue de nulle part.
Oppressé par cette magie noire qui l'étouffait et à court de sang froid il buta contre le mur derrière lui en reculant, une atroce douleur lui cernant le front ! Puis ce fut le trou noir, à nouveau...
« Atkôh sar talkïeïm atkôh sar mathkû dar tô »
Incessamment il répétait cette incantation en un long rituel qui durait depuis des lunes déjà , mais rien ne se produisait. « Révèle ce que tu es, révèle ce que tu caches en ton sein » dans la langue des morts. Car au moins il avait compris une chose de cette dangereuse expédition au Laboratoire : ces êtres étaient issu d'une magie très noire et bien qu'il en ignore la nature réelle, il lui paraissait évident qu'il devait s'agir d'une branche peut-être oubliée elle aussi de la nécromancie...
Il s'était toujours refusé à la pratique de la nécromancie, du moins tant qu'il pouvait encore diriger son propre corps. Mais à présent tout cela lui semblait bien futile ! Ça ne l'avait pas empêché de commettre d'atroces meurtres par le passé et il ne pouvait longtemps résister à l'argumentaire de son autre... Sa position avait été détruite par ses propres sentiments, il ne pouvait l'admettre et pourtant il était forcé de le reconnaître, c'était à en devenir fou ! Il se tenait là , debout face à l'apparence servile de ces vulgaires armures qu'il aurait voulu voir ternes et sans intérêt, mais la réalité était tout autre et elle se moquait de lui et il était toujours en proie à ce combat intérieur qui jamais ne semblait pouvoir se terminer !
« Saleté ça ne sert à rien ! Le silence, seulement le silence ! »
Il jeta violemment un bibelot qui traînait sur la première des deux armures qui lui faisait face, il y eut une étincelle à l'impact et l'objet fut renvoyé en sens inverse ! Godescalc fit un geste de la main et le stoppa avant qu'il ne le frappe en pleine figure. Il pesta contre cette maudite armure.
« Tu serais bien aise de pouvoir lui infliger quoi que ce soit Godescalc, mais agit de manière moins irréfléchie la prochaine fois, il serait plaisant que tu évites de nous faire tuer par un nouvel acte de ce genre... »
« Ca suffit ! Toi qui est si« malin », tu dois savoir comment révéler le sort qui se cache derrière la manipulation de ces deux pantins non ? »
« Non aucune idée, mais moi j'ai tué ces deux entités tu sembles l'oublier. »
« Oublier quoi ? En quoi cela te donne-t-il un quelconque droit à l'arrogance ? Montre toi constructif et là peut-être que tu pourras te permettre de faire des remarques ! »
Il n'y eût pas de réponse et c'était autant car Godescalc n'aurait pas supporté de remarque supplémentaire, il se sentait agressif et tendu et il l'était, il lui semblait que plus ça avançait et plus il perdait sa capacité de garder son sang froid... Cela lui semblait presque étrange de se mettre à un tel point en colère à propos de ces armures et il était persuadé que derrière son petit jeu, l'autre n'y était pas étranger. Il ressentait cette anormale montée de fureur en lui, cette frustration insoutenable qui le submergeait et qu'il n'était pas seul à porter, il en était sûr...
Il tomba assis sur le carrelage froid de la salle d'arme, las et se mit à jouer avec une petite flamme dans le creux de sa main... Mais quelque chose de fonctionnait pas. Il n'arrivait pas à produire de flamme. Il tiqua. Se relevant, il jeta ses bras en avant vers les deux armures, lançant :
« Brugma Bohg ! »
A peine une maigre flamme sorti du bout de ses doigts avant d'être soufflée par une force mystique, des cendres retombant sur le sol. Il resta un instant figé, comme frappé par le doute et la peur de la réalité. Pour lui à présent, la révélation était faite... Il venait de mettre la main sur une ancienne horreur sans nom...
« Ce n'est pas possible... La mort habite ces armures... Des âmes innocentes... Qu'ont-ils fait !... »
Mais hors de son contrôle, l'hôte avait déjà prit le pas sur le maître, il y eût un rire malsain et une voix s'éleva de sa propre bouche, une voix qu'il ne contrôlait pas, prononçant ces mots qu'il avait déjà entendu quelques jours plus tôt :
« Être froid, être sans vie... Tristesse du monde... Reviens à moi je te commande... Le mal par le mal... Je t'offre une seconde chance pour qu'à ton tour tu nous pardonnes... »
Trahi et horrifié par ce qu'il venait de dire contre son propre gré, Godescalc fit un pas en arrière, le regard fixe, la respiration courte observant la première statue tourner la tête vers lui dans un grincement sinistre. Il croisa alors son regard froid et sans vie au travers de sa visière.
« Mais qu'as-tu fait ! » hurla-t-il, tordu par une douleur insoutenable survenue de nulle part.
Oppressé par cette magie noire qui l'étouffait et à court de sang froid il buta contre le mur derrière lui en reculant, une atroce douleur lui cernant le front ! Puis ce fut le trou noir, à nouveau...
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