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Echo du passé : La fuite par Shynn
Une poutre enflammée s'écrasa violemment devant un groupe de soldats qui freina subitement sa course effrénée à travers les méandres du château.
« Demi-tour ! Prenons par les cuisines ! » hurla l'un de ceux qui était devant.
Rapidement, la troupe se retourna et rebroussa chemin avant de s'engouffrer dans une longue pièce. Les flammes caressaient inlassablement les murs, tentant désespérément de trouver quelque chose de plus combustible que de la pierre. Les tables étaient recouvertes de cendres qui paraissaient tomber du plafond comme la poudre d'un sablier. Peu à peu, le plafond cédait.
Une épaisse fumée s'échappait du sol. Des cicatrices béantes au sol menaçaient à chaque pas d'avaler la jambe d'un imprudent. Des tonneaux étaient renversés et certains remplis d'alcool avaient permit de créer de véritables barrière de feu, coupant nettement certaines directions.
Tirant leurs vêtements à leurs nez, les soldats zigzaguèrent entre les plans de travail et les corps à demi calcinés qui jonchaient le sol. Le cliquetis des armures se mêlait au rugissement des flammes gourmandes qui dévoraient avec appétit les vivres, le bois et les cadavres. Le tissus n'empêchait pas de sentir une odeur affreuse et âcre qui semblait transperçait les narines du groupe.
S'arrêtant à un embranchement, un capitaine jugea la situation d'un ?il rapide et vif.
« Dame Eolyane ! Par ici ! Le souterrain est tout près ! »
En effet, une femme ravissante et remplie de grâce était entourée du groupe de garde. Elle tenait par la main deux jeunes enfants du même âge. La fillette était blonde alors que son frère avait une chevelure aussi rougeoyante que le mal qui rongeait l'édifice de pierre. Leur mère tentait de courir autant que possible malgré une robe longue qui entravait ses mouvements.
Soudain, des bruits de pas résonnèrent et de nouveaux cliquetis d'armures s'entrechoquèrent. Ils provenaient d'un des couloirs derrière les barrières de feu. Les soldats se figèrent un instant, tentant de percevoir la nature de ces bruits. Tout à un coup, un des gardes hurla, une flèche plantée dans la tête, et s'effondra lourdement dans un fracas métallique.
Dans une synchronisation militaire, les épées furent tirées de leurs fourreaux et la garde fit face au mur de flamme d'où venait la flèche. Le capitaine se tourna vers la famille et leur désigna deux gardes en montrant une direction perpendiculaire. La femme se baissa et déchira sa robe le long de la couture puis emprunta en hâte le chemin indiqué en tirant avec empressement les enfants pour les forcer à suivre le rythme.
Le jeune garçon tourna la tête vers sa s?ur sans comprendre ce qu'il se passait. Le regard inquiet qu'elle lui porta ne le rassura bien sûr pas du tout. A peine quittaient-ils les cuisines en pénétrant dans le couloir qu'ils entendirent des cris et des entrechoquements de lames en quantités derrière eux.
Les deux gardes, la mère et les deux enfants arrivèrent devant un tunnel de flammes. Les tapisseries avaient pris feu. L'atmosphère était étouffante et brûlante. Pourtant il allait falloir traverser ce rouleau incandescent. Devant l'élan des soldats, la famille suivit sans avoir le temps de réfléchir et prit le premier embranchement à droite au bout du couloir. Au bout de celui-ci se trouvait la salle au tableau à la licorne dorée. Derrière lui, le salut : le souterrain.
Alors que les soldats se dépêchaient de déplacer la grande toile pour laisser apparaitre la grande porte de fer, Eolyanne frémit en entendant :
« Ils sont là ! Dépêchez-vous ! » qui fuit suivit de lourds chocs d'armures en mouvement.
Les deux gardes venaient tout juste de libérer le passage après un grincement de rouille et firent face aux assaillants qui les avaient suivis. Une ligne d'archers se forma rapidement et tira une salve de flèches qui sifflèrent dans la pièce, fauchant un des gardes. Le garçon entendit un bruit sourd à côté de lui. Un bruit différent de celui du projectile qui venait de se ficher dans le mur près de lui.
Il tourna la tête vers l'étrange son et aperçut sa mère qui tirait désespérément par le bras sa fille effondrée, une flèche solidement plantée dans l'épaule. Les cris de Dame Eolyanne lui vrillèrent les tympans alors que le garde engageait le combat afin de retenir aussi longtemps que possible les ennemis. La femme agrippa sauvagement son fils et le projeta dans le souterrain.
Malgré les claquements des armes, une nouvelle salve de flèches furent tirées alors que la Dame pénétrait dans le tunnel. Elle gémit en faisant les premiers pas et referma de ses frêles bras la porte lourde métallique qui coupa ainsi la seule source de lumière.
Entièrement plongé dans le noir, le garçon pleurait à chaudes larmes. Il avait beau être jeune, il savait que la flèche dans le dos de sa s?ur lui serait fatale. Sa mère n'avait pas réussit à l'emporter dans le souterrain. Il sentit soudainement une main l'agripper et le tirer, sachant parfaitement la direction à prendre. Ce véritable dédale de roche taillé à même la montagne paraissait n'être pour elle qu'un banal couloir.
Le grincement de la porte au loin résonna. Ils entraient et ils se perdraient. Après une course qui se ralentit très rapidement, les lueurs de torches se faisaient entrevoir au bout du tunnel. La sortie était toute proche. L'enfant ne fut jamais aussi heureux de retrouver l'extérieur après cette course oppressante dans ce territoire humide et confiné.
Pourtant, sa joie fut de courte durée lorsque sa mère s'effondra au sol. Le garçon se retourna avec surprise vers elle et s'agenouilla auprès d'elle. Une flèche était solidement plantée entre ses reins. La femme avait usé ses dernières forcent pour mener son fils à la sortie secrète du château. La voix faible, elle s'entretint une dernière fois avec son fils :
« Dorian, ne... prononce jamais... ton vrai prénom. A partir... de maintenant... tu ne seras plus Prince. Tu... »
Elle toussa en agrippant un peu plus fort l'enfant. Elle prit une grande respiration, sa dernière.
« Tu ne devrais plus jamais... jamais... parler d... »
Dans un dernier soupir, Dame Eolyanne, reine du royaume de Sainte-Keureuille s'éteignit, abandonnant son fils au monde dangereux qui l'entourait. Il était le dernier héritier de la lignée des chevaliers blancs. Il serait pourchassé.
« Demi-tour ! Prenons par les cuisines ! » hurla l'un de ceux qui était devant.
Rapidement, la troupe se retourna et rebroussa chemin avant de s'engouffrer dans une longue pièce. Les flammes caressaient inlassablement les murs, tentant désespérément de trouver quelque chose de plus combustible que de la pierre. Les tables étaient recouvertes de cendres qui paraissaient tomber du plafond comme la poudre d'un sablier. Peu à peu, le plafond cédait.
Une épaisse fumée s'échappait du sol. Des cicatrices béantes au sol menaçaient à chaque pas d'avaler la jambe d'un imprudent. Des tonneaux étaient renversés et certains remplis d'alcool avaient permit de créer de véritables barrière de feu, coupant nettement certaines directions.
Tirant leurs vêtements à leurs nez, les soldats zigzaguèrent entre les plans de travail et les corps à demi calcinés qui jonchaient le sol. Le cliquetis des armures se mêlait au rugissement des flammes gourmandes qui dévoraient avec appétit les vivres, le bois et les cadavres. Le tissus n'empêchait pas de sentir une odeur affreuse et âcre qui semblait transperçait les narines du groupe.
S'arrêtant à un embranchement, un capitaine jugea la situation d'un ?il rapide et vif.
« Dame Eolyane ! Par ici ! Le souterrain est tout près ! »
En effet, une femme ravissante et remplie de grâce était entourée du groupe de garde. Elle tenait par la main deux jeunes enfants du même âge. La fillette était blonde alors que son frère avait une chevelure aussi rougeoyante que le mal qui rongeait l'édifice de pierre. Leur mère tentait de courir autant que possible malgré une robe longue qui entravait ses mouvements.
Soudain, des bruits de pas résonnèrent et de nouveaux cliquetis d'armures s'entrechoquèrent. Ils provenaient d'un des couloirs derrière les barrières de feu. Les soldats se figèrent un instant, tentant de percevoir la nature de ces bruits. Tout à un coup, un des gardes hurla, une flèche plantée dans la tête, et s'effondra lourdement dans un fracas métallique.
Dans une synchronisation militaire, les épées furent tirées de leurs fourreaux et la garde fit face au mur de flamme d'où venait la flèche. Le capitaine se tourna vers la famille et leur désigna deux gardes en montrant une direction perpendiculaire. La femme se baissa et déchira sa robe le long de la couture puis emprunta en hâte le chemin indiqué en tirant avec empressement les enfants pour les forcer à suivre le rythme.
Le jeune garçon tourna la tête vers sa s?ur sans comprendre ce qu'il se passait. Le regard inquiet qu'elle lui porta ne le rassura bien sûr pas du tout. A peine quittaient-ils les cuisines en pénétrant dans le couloir qu'ils entendirent des cris et des entrechoquements de lames en quantités derrière eux.
Les deux gardes, la mère et les deux enfants arrivèrent devant un tunnel de flammes. Les tapisseries avaient pris feu. L'atmosphère était étouffante et brûlante. Pourtant il allait falloir traverser ce rouleau incandescent. Devant l'élan des soldats, la famille suivit sans avoir le temps de réfléchir et prit le premier embranchement à droite au bout du couloir. Au bout de celui-ci se trouvait la salle au tableau à la licorne dorée. Derrière lui, le salut : le souterrain.
Alors que les soldats se dépêchaient de déplacer la grande toile pour laisser apparaitre la grande porte de fer, Eolyanne frémit en entendant :
« Ils sont là ! Dépêchez-vous ! » qui fuit suivit de lourds chocs d'armures en mouvement.
Les deux gardes venaient tout juste de libérer le passage après un grincement de rouille et firent face aux assaillants qui les avaient suivis. Une ligne d'archers se forma rapidement et tira une salve de flèches qui sifflèrent dans la pièce, fauchant un des gardes. Le garçon entendit un bruit sourd à côté de lui. Un bruit différent de celui du projectile qui venait de se ficher dans le mur près de lui.
Il tourna la tête vers l'étrange son et aperçut sa mère qui tirait désespérément par le bras sa fille effondrée, une flèche solidement plantée dans l'épaule. Les cris de Dame Eolyanne lui vrillèrent les tympans alors que le garde engageait le combat afin de retenir aussi longtemps que possible les ennemis. La femme agrippa sauvagement son fils et le projeta dans le souterrain.
Malgré les claquements des armes, une nouvelle salve de flèches furent tirées alors que la Dame pénétrait dans le tunnel. Elle gémit en faisant les premiers pas et referma de ses frêles bras la porte lourde métallique qui coupa ainsi la seule source de lumière.
Entièrement plongé dans le noir, le garçon pleurait à chaudes larmes. Il avait beau être jeune, il savait que la flèche dans le dos de sa s?ur lui serait fatale. Sa mère n'avait pas réussit à l'emporter dans le souterrain. Il sentit soudainement une main l'agripper et le tirer, sachant parfaitement la direction à prendre. Ce véritable dédale de roche taillé à même la montagne paraissait n'être pour elle qu'un banal couloir.
Le grincement de la porte au loin résonna. Ils entraient et ils se perdraient. Après une course qui se ralentit très rapidement, les lueurs de torches se faisaient entrevoir au bout du tunnel. La sortie était toute proche. L'enfant ne fut jamais aussi heureux de retrouver l'extérieur après cette course oppressante dans ce territoire humide et confiné.
Pourtant, sa joie fut de courte durée lorsque sa mère s'effondra au sol. Le garçon se retourna avec surprise vers elle et s'agenouilla auprès d'elle. Une flèche était solidement plantée entre ses reins. La femme avait usé ses dernières forcent pour mener son fils à la sortie secrète du château. La voix faible, elle s'entretint une dernière fois avec son fils :
« Dorian, ne... prononce jamais... ton vrai prénom. A partir... de maintenant... tu ne seras plus Prince. Tu... »
Elle toussa en agrippant un peu plus fort l'enfant. Elle prit une grande respiration, sa dernière.
« Tu ne devrais plus jamais... jamais... parler d... »
Dans un dernier soupir, Dame Eolyanne, reine du royaume de Sainte-Keureuille s'éteignit, abandonnant son fils au monde dangereux qui l'entourait. Il était le dernier héritier de la lignée des chevaliers blancs. Il serait pourchassé.
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